Report | Rapport - FESPACO 1991 - Ecrans d’Afrique/African Screens - 1992
Women, Cinema, Television, and Video in Africa Workshop
Atelier: Femmes, Cinéma, Télévision et Vidéo en Afrique


African cinema in the feminine


A DIFFICULT BIRTHGIVING (EN FRANÇAIS CI-DESSOUS)


by Emmanuel Sama


The 12th edition of Fespaco has been marked by an obvious desire on the part of professional African women to make their voices heard.


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Thanks to the backing of Fepaci, the first workshop by African professionals of the audiovisual was held from February 25th to the 27th in 1991, during the 12th edition of Fespaco. Four main priorities were defined then: the making of a repertory, the setting up of an itinerant training workshop, the training of instructors, the seeking of an active support from partners in order to provide for a regular participation of women in festivals. Aminata Ouédraogo from Burkina Faso, the person heading this board notes that the work is not easy. ln the euphoria of meetings, ideas flowed indeed, but reality over time proves to bell different thing altogether. The first difficulty is linked to the almost complete lack of communication between members of the board. The structure which is seized up by that major handicap is not operational and silence has settled, broken from time to time between Ouagadougou and Paris. A situation, strangely reminiscent of the one Fepaci faced for a long time when it was divided between national associations to simulate an equality which was only disguised chauvinism. It is on its request that Aminata Ouédraogo was able to participate in the 7th international days of the African and Creole cinema in Montreal, which honoured her with an invitation, and nominated her member of the "Regards Canadiens sur l'Afrique" jury. For sure, other festivals will follow that path. During the 1991 workshop, organizers of that festival drafted a training programme "Images de femmes" ln various professions of the audiovisual.


The Montreal trip widely contributed to the relaunching of the different projects thanks to direct contacts with partners. Thus, the Association Canadienne de Développement international (Acdi) will soon make its definite position known in a training report presented by Vues d'Afrique. The training should have started in November.


Mrs Aminata Ouédraogo also had meetings with: the Partenariat Afrique Canada (Pac), created in 1985 by a collective of 84 Canadian non-governmental organizations, endowed with an initial fund amounting to $75 million; the Office National du Film (Onf); the Association Quebecoise des Producteurs et Productrices; Match, a female non-governmental organization. Now, what remains to do is to speed up with contact procedures by submitting budgeted and clearly-defined projects to those organizations. For its part, the Agence de Coopération Culturelle et Technique (Acct) listened to women by fixing a 50% quota for them in the granting of scholarships. Besides, the financial grant it could make to help female filmmakers productions would widely contribute to their rise. At the next edition of Fespaco, it is possible that the agency institutes a prize called "Regards de femmes", in agreement with Fespaco, as it has already decided for the 8th cinema days of Montreal in 1992. How far have we moved with promises made at the 1991 workshop?


Positive results from the initiatives taken by Danicom and I.A. Vision which launched a script contest reserved for women during Fespaco 91, as well as Unesco - Burkina and Screening Days of Sweden are awaited. African female professionals call upon institutions. Their most urgent wish is to have a genuine existence in the world of the 7th art.


Care should be taken so that no break intervenes, that the support to cinematagraphic writing and production be effective and that their works go to Fespaco and other festivals, and to the market. So far, they have been good at holding positions as assemblers, distributors or script supervisors. They must arm themselves with courage in a field that is already not easy for men. The examples of Safi Faye, Sarah Maldoror, Euzhan Palcy, should inspire them. Under the guidance of Malian actress Fifi DaIa Kouyaté, actresses on their side try to organize by creating an association of African film and television actresses which statutes are sketched. Aminata Ouédraogo thinks there should be elites at the level of women. Let other women decide to come to cinema, because they will have references ; they must be encouraged. ln the Ouagadougou declaration, professionals drew attention on the danger of their under-representation in the cultural future.


number 11 may

1992

Ecrans d'AFRIQUE




Cinéma africain au féminin


UN DIFFICILE ENFANTEMENT

par Emmanuel Sama


La 12 édition du Fespaco a été marquée par la volonté manifeste des femmes professionnelles africaines de faire entendre leurs voix.


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Grâce au soutien de la Fepaci, le tout premier atelier des femmes africaines professionnelles de l'audiovisuel s'est tenu du 25 au 27 février 1991 lors de la 12ème édition du Fespaco. A l'occasion, quatre grandes priorités ont été dégagées: l'élaboration d'un répertoire, la mise en place d'un atelier itinérant de formation, la formation des formateurs et la recherche d'un soutien actif des partenaires afin de permettre une participation régulière des femmes aux festivals. La réalisatrice Aminata Ouédraogo du Burkina Faso, responsable du Bureau de mise en oeuvre des projets, constate que la tâche n'est pas facile. Dans l'euphorie des retrouvailles, les idées avaient foisonné, mais la réalité est tout autre.


La première difficulté est liée à la quasi-inexistence de communication entre les membres du Bureau. La structure grippée par cet handicap majeur n'est pas opérationnelle et le silence s'est installé, entrecoupé de temps à autre entre Ouagadougou et Paris.


Une situation qui rappelle étrangement celle qu'a longtemps vécu la Fepaci partagée entre les Associations nationales pour simuler une égalité qui n'était autre qu'un chauvinisme dissimulé.


C'est à sa demande que Aminata Ouédraogo a pu participer aux 7èmes Journées du cinéma africain et créole de Montréal qui lui ont fait l'honneur de l'inviter et de la nommer membre du jury "Regards canadiens sur l'Afrique". D'autres festivals suivront certainement cette initiative. Lors de l'atelier 91, les responsables de ce festival avaient ébauché un programme de formation "Images de femmes" dans divers métiers de l'audiovisuel. Ce voyage de Montréal a énormément contribué à la relance de divers projets grâce aux contacts directs avec les partenaires. C'est ainsi que l'Association Canadienne de Développement International (Acdi) fera bientôt  connaître sa position définitive sur un dossier de stage présenté par Vues d'Afrique qui aurait dû démarrer en novembre. Aminata Ouédraogo a rencontre également le Partenariat Afrique Canada (Pac), créé en 1986 par le regroupement de 84 Ong canadiennes et doté d'un fonds initial de 75 millions de dollars; l'Office National du Film (Onf); l'Association Québécoise des Producteurs et Productrices et Match, une Ong de femmes. Il ne reste plus à présent qu'à accélérer les procédures de contact en soumettant à ces organismes des projets budgétisés et bien ficelés.


Pour sa part, l'Agence de Coopération Culturelle et Technique (Acct) a prêté une oreille attentive aux femmes en fixant à un quota de 50% dans les offres de bourses. Par ailleurs, le financement qu'elle pourrait accorder aux projets de production des réalisatrices contribuerait énormément à leur émergence.


Il est problable que l'agence en accord avec le Fespaco institue à la prochaine édition un prix "Regards de femmes" tout comme elle l'a déjà décidé pour les 8èmes Journées du cinéma de Montréal en avril 1992. Où en sommes-nous donc avec les autres promesses de l'Atelier 91? On attend des suites positives des initiatives prises par Danicom et J.A. Vision qui a lancé un concours de scénario réservé aux femmes lors du Fespaco 91 de même que l'Unesco-Burkina et Screening Days de Suède. Les professionnelles africaines interpellent les institutions. Leur voeu le plus ardent est d'avoir une existence réelle dans le monde du 7ème art. Il faut faire en sorte qu'il n'y ait pas de rupture, que le soutien à l'écriture cinématographique et à la production soit effective et que leurs oeuvres soient présentes au Fespaco, dans d'autres festivals et sur le marché international.


Les femmes de l'audiovisuel qui n'étaient bonnes jusqu'ici que pour être monteuses, distributrices ou scriptes, doivent s'armer de courage dans un domaine qui n'est déjà pas facile pour les hommes. L'exemple de Safi Faye, Sarah Maldoror, Euzhan Paley devraient les inciter à emboiter leur film. En suivant la comédienne Malienne Fifi DaIa Kouyaté, les comédiennes de leur coté tentent de s'organiser en créant une Association des comédiennes africaines du cinéma et de la télévision dont les statuts sont ébauchés. Selon Aminata Ouédraogo il faut des élites au niveau des femmes. Que d'autres femmes décident de venir au cinéma parce qu'elles auront des références, il faut qu'on les y encourage. Les professionnelles dans leur déclaration de Ouagadougou attiraient l'attention sur le danger que leur sous-représentation faisait peser sur l'avenir culturel.


numéro 11 mai

1992

Ecrans d'AFRIQUE

 


Center for the Study and Research of African Women in Cinema |

Centre pour l'étude et la recherche des femmes africaines dans le cinéma